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La nominalisation et les reprises anaphoriques

Les deux outils qui transforment une suite de phrases plates en texte qui se tient : titres percutants et enchaînements fluides.

FrançaisCollège3e

Regarde les titres de journaux : « Fermeture de la piscine », jamais « On a fermé la piscine ».
Un verbe devient un nom, et la phrase gagne en punch. C'est un outil, apprends à t'en servir. 📰

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C'est quoi le délire ?

La nominalisation transforme un verbe (ou un adjectif) en nom. Elle condense
l'information et efface souvent celui qui agit.

Les reprises anaphoriques, elles, servent à reparler d'un élément déjà cité sans se répéter
bêtement. C'est ce qui crée la cohérence textuelle.

  • Reprise pronominale : il, elle, celui-ci, le sien, en, y, qui.
  • Reprise nominale : un synonyme, un terme générique (l'animal pour le chat), une

périphrase (l'auteur du Petit Prince), ou déterminant démonstratif + nom (cette décision).

La règle d'or

  • Suffixes de nominalisation : -tion (créer → création), -ment (changer → changement),

-age (passer → passage), -ure (fermer → fermeture), -ance / -ence, -té, -esse.

  • Parfois pas de suffixe du tout : partir → le départ, marcher → la marche.
  • Toute reprise s'accorde en genre et en nombre avec ce qu'elle reprend.
  • Une reprise nominale peut ajouter un jugement : « ce lâche », « cette catastrophe ».

On teste sur un exemple

Texte de mon cru : « La mairie a fermé la piscine. Cette décision a révolté les habitants ;
ceux-ci ont manifesté trois jours. »

  1. a fermé → nominalisation : la fermeture (suffixe -ure, nom féminin).
  2. Cette décision : reprise nominale par un terme générique + déterminant démonstratif ;

elle reprend toute la première phrase, et la juge implicitement.

  1. ceux-ci : reprise pronominale (pronom démonstratif) de les habitants, masculin pluriel.

Titre de presse obtenu : « Fermeture de la piscine : trois jours de mobilisation. »
Plus court, plus fort… et la mairie a disparu du titre. Effet à commenter.

Le piège classique

Ne confonds pas la reprise anaphorique (outil de cohérence) et l'anaphore, la **figure de
style** qui répète le même mot en début de phrases successives. Même famille de mots, deux notions
différentes. Autre piège : le pronom flou. « Paul a parlé à Marc ; il était furieux. » Qui,
« il » ? Si on hésite, la reprise est ratée.

L'astuce pour retenir

« Un verbe qui devient un nom, c'est une action changée en étiquette. »
Et pour vérifier chaque pronom : « Je remplace qui ? Si je ne sais pas, le lecteur non plus. »

Teste-toi

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1. La nominalisation du verbe « détruire », c'est…

2. « L'auteur des *Fables* » pour désigner La Fontaine est…

3. Dans « Le chat dort. L'animal ronronne. », « l'animal » est une reprise…

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