Accueil · Fiches de révision · Français

L'autobiographie et l'écriture de soi

Reconnaître un vrai récit de soi en trois secondes, et comprendre pourquoi deux « je » cohabitent dans le même texte.

FrançaisCollège3e

Tu racontes ta rentrée de 6e à quelqu'un aujourd'hui : tu ne la racontes pas comme tu l'as vécue.
Tu sais la suite, tu juges, tu souris. Ce décalage-là, c'est tout le cœur de l'autobiographie. 🕰️

Partager :

C'est quoi le délire ?

Une autobiographie, c'est un récit rétrospectif en prose qu'une personne réelle fait de
sa propre existence — la définition de référence est celle de Philippe Lejeune dans
Le Pacte autobiographique (1975).

Ce qui la fonde, c'est le pacte autobiographique : l'auteur, le narrateur et le
personnage principal sont une seule et même personne. Le nom sur la couverture garantit
le contrat, et l'auteur promet la sincérité.

La règle d'or

  • Auteur = narrateur = personnage → autobiographie. Sinon, c'est autre chose.
  • Deux « je » cohabitent : le je narrant (l'adulte qui écrit, aujourd'hui) et le je narré

(celui qu'il était). Le premier commente, le second vit.

  • Temps typiques : présent pour le commentaire du narrateur, imparfait et passé simple

(ou passé composé) pour le souvenir.

  • Genres voisins à ne pas confondre :
  • Mémoires : tournés vers l'Histoire et les autres (Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe).
  • Journal intime : écrit au jour le jour, sans recul.
  • Autoportrait : on se décrit, on ne raconte pas.
  • Autofiction / roman autobiographique : le pacte est romanesque, l'auteur invente.
  • Motivations : se souvenir, se comprendre, se justifier, témoigner, laisser une trace.

On teste sur un exemple

Exemple de mon cru : « Aujourd'hui encore, je revois la cour où, à huit ans, je restais seul
contre le mur. »

  1. Le même je désigne celui qui écrit et celui qui est raconté → pacte autobiographique.
  2. Aujourd'hui encore, je revois : présent d'énonciation → c'est le je narrant, l'adulte.
  3. à huit ans, je restais seul : imparfait de description et d'habitude → le je narré, l'enfant.
  4. revois installe le regard rétrospectif : on raconte après coup.

Effet à commenter : l'écart entre les deux « je » crée l'émotion. L'adulte a de la tendresse —
ou de la pitié — pour l'enfant qu'il était.

Le piège classique

Un récit à la première personne n'est pas forcément une autobiographie. Beaucoup de romans
disent « je » et racontent une vie inventée. Le test : le nom du narrateur correspond-il à
celui de l'auteur ? Autre piège : croire que l'autobiographe dit toute la vérité. La mémoire
déforme, il choisit ce qu'il raconte — la sincérité n'est pas l'exactitude.

L'astuce pour retenir

« Auteur = narrateur = personnage : trois en un, sinon ce n'est pas une autobiographie. »
Œuvres fondatrices à citer sans risque : Rousseau, Les Confessions ; Nathalie Sarraute, Enfance ;
Annie Ernaux, La Place.

Teste-toi

Réponds sans regarder la fiche — 0/3

1. Le pacte autobiographique repose sur…

2. Dans un récit de soi, le « je narrant » est…

3. Un texte centré sur les grands événements historiques vécus par l'auteur relève plutôt…

Ça coince encore ? Un formateur de français te l’explique en vrai, à ton rythme, en visio.Trouver un formateur

Dans la même matière

← Toutes les fiches